L'IDF s'apprête à prendre de grandes décisions pour les transports en commun
PARIS (AFP) - Le conseil régional d'Ile-de-France doit désigner mardi ses représentants au STIF (syndicat des transports), une étape importante pour cet organisme désormais décentralisé, appelé à jouer un rôle majeur pour améliorer la situation très dégradée des transports en commun franciliens.
Réseau vieilli, saturé, insuffisant, surtout une fois franchi le périphérique parisien, retards quasiment quotidiens pour des milliers d'usagers du fait d'incidents techniques et de grèves: le problème des transports en commun franciliens devient de plus en plus aigu, après avoir été déjà au coeur de la campagne des élections régionales de mars 2004.Mais alors que le contrat de plan Etat-Région 2000-2006 s'achève, il manque des centaines de millions d'euros pour mener à bien certains projets, comme par exemple ceux des liaisons de banlieue à banlieue. La gauche critique vivement "le désengagement de l'Etat" et note que "seulement 12 infrastructures sur 47" seront livrées fin 2006.
"Si les choses continuaient ainsi, on serait contraint dans quelques années de fermer des plages horaires ou des lignes, pour des raisons de sécurité", souligne-t-on au conseil régional. Gabriel Massou, président du groupe CACR-communiste, estime qu'"il faut dès maintenant préparer l'avenir" en lançant "un programme aussi ambitieux que celui de la construction du métropolitain au début du XXe siècle".
Selon lui, "il faut à l'horizon 2020, deux milliards d'euros supplémentaires par an, 30 milliards sur 15 ans". Le président Jean-Paul Huchon (PS), prochain président du STIF, envisage de lancer un grand emprunt de 150 millions d'euros par an, à rembourser à 51% par la Région, 49% par les départements. La décision devrait être prise avant la fin de l'été. Mais les effets de tels investissements ne se feront pas sentir à court terme.
Mardi, le conseil régional désignera, à la proportionnelle, 15 des 29 membres du STIF, soit dix de gauche et cinq de droite. La veille, le Conseil de Paris aura fourni son propre contingent: cinq membres. Sept représentants, un par département, doivent également être désignés ces jours-ci par les conseils généraux de Hauts-de-Seine, Seine Saint Denis, Val-de-Marne, Essonne, Yvelines, Val-d'Oise et Seine-et-Marne.
Un administrateur représentera la Chambre régionale de commerce et d'industrie et un autre les établissements publics de coopération intercommunale. Une fois installé, cet organisme, qui gère quelque 12 millions de déplacements par jour et ne s'est pas réuni depuis le printemps 2005, devrait adopter son budget, d'ici fin mars. Dans un contexte de pénurie financière, les choix seront difficiles à faire.
Parmi les priorités de l'exécutif de gauche, figurent des modifications de la tarification, dans un sens plus social et l'allongement d'une heure de la circulation des métros et RER les vendredis et samedis soirs.
Début février, le conseil régional a voté, à l'unanimité, la mise en place d'un nouveau titre de transport "multimodal", valable pour 90 minutes de transport en bus, métro, RER ou trains de banlieue, quel que soit le nombre de correspondances.
L'Association des usagers des transports a formulé une série de propositions dont la fusion des zones de carte orange 6,7 et 8 au tarif de la zone 6, pour tenir compte de la qualité médiocre de la desserte de certaines gares.








